François Fillon : la repentance d’un mis en examen

« Je n’ai plus la légitimité pour livrer le combat des législatives » ce sont les mots de François Fillon adressés aux dirigeants de son parti ce lundi 24 avril. Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, où il est arrivé troisième, l’ex-Premier ministre semble donc vouloir se mettre en retrait.

La campagne de François Fillon a sans doute été l’une des plus rocambolesques de la cinquième République. Auréolé d’une victoire sans appel à la primaire de la droite et du centre de novembre dernier, le candidat Les Républicains a vite déchanté. Dès le mois de janvier les révélations à son encontre se sont accumulées, fragilisant considérablement sa campagne dans une élection qualifiée d’imperdable pour la droite. Acculé par les soupçons d’emplois fictifs concernant sa femme Pénélope, François Fillon a maintenu sa candidature malgré de nombreuses contestations au sein de son parti. Réussissant malgré tout à se maintenir entre 17 et 19% des intentions de vote, le soir du 23 avril 2017 le couperet tombe. François Fillon ne sera pas au second tour de l’élection présidentielle, faisant tomber la droite avec lui. Dans ces conditions quel autre recours que d’assumer le revers. A l’issue du scrutin le candidat a reconnu, par le biais d’un discours, être le principal fautif de la défaite de son camp et coup sur coup a appelé à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection. Les élections législatives de juin prochain reste la seule chance pour la droite d’installer une alternance. Dans ces conditions le bureau politique des Républicains s’est réuni ce lundi, afin d’évoquer les différentes options qui s’offrent à eux.

Fini la politique ?

François Fillon a rendu visite aux ténors des Républicains réunis ce lundi en bureau politique. Dans une brève intervention de 5 minutes, l’ex-Premier ministre a annoncé aux élus qu’il ne participerait pas aux élections législatives de Juin. Il a également encore une fois reconnu sa responsabilité dans l’échec du scrutin : « J’ai estimé nécessaire d’être présent parmi vous car, dans la victoire comme la défaite, j’assume mes responsabilités. J’ai conscience de votre désarroi, j’ai mal pour nos électeurs et nos militants. Je pense à eux, à leur colère et à leur tristesse. J’étais leur chef, j’ai été battu : je ne me dérobe pas. » Au terme de son allocution, François Fillon a annoncé vouloir redevenir un militant parmi d’autres, afin de prendre du recul sur des derniers mois plus qu’agités : « Je vais redevenir un militant de cœur parmi les autres. Je vais devoir penser ma vie autrement, panser aussi les plaies de ma famille ». Actuel député de la 2ème circonscriptions de Paris, François Fillon semble donc vouloir mettre un terme à une carrière politique débutée il y a plus de 35 ans. Il fut élu député de la Sarthe en 1981 à l’âge de 27 ans, il sera ensuite entre autres, Président de conseil général, ministre puis l’unique Premier ministre du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Du côté des Républicains, les avis étaient partagés concernant l’appel à voter ou non pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Si des personnalités comme Nathalie Kosciusko-Morizet, Christian Estrosi, Xavier Bertrand ou Jean-Pierre Raffarin ont appelé explicitement à voter pour le leader d’En Marche, d’autres comme Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau étaient plus frileux. Un consensus optant pour la première option semble avoir était trouvé.

Jean Legeard

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