A l’évidence, le 23 avril 2017 est à marquer d’une pierre blanche pour le Parti socialiste. Au premier tour de l’élection présidentielle, Benoit Hamon écope d’un maigre 6,3% des suffrages exprimés. Un échec retentissant ponctué d’une alerte rouge pour la formation de Solferino. Retour sur un suicide assisté.
Le résultat est historique. Le Parti socialiste enregistre son plus faible score dans le cadre d’une présidentielle depuis les 5% de Gaston Deferre en 1969 (Etiqueté SFIO à l’époque). Loin d’être une surprise, ce résultat est le fruit d’une campagne de labeur, condamnée depuis le début à l’échec. Malgré une victoire significative à la primaire de janvier dernier, Benoit Hamon n’a pu gommer l’image de canard boiteux qui lui colle à la peau au sein du P.S. Pour rappel l’ex-ministre de l’Education fut l’un des principaux opposants à la loi Travail proposée par le gouvernement de Manuel Valls. Implicitement le candidat a payé tout au long de la campagne sa signature de la motion de censure déposée en mai 2016. Si celle-ci a finalement échoué, elle mit à mal le gouvernement socialiste de l’époque et qui plus est Solferino. Le rassemblement souhaité par Benoit Hamon dans l’espoir de figurer au second tour semblait donc illusoire. Cela s’est confirmé au soir du 23 avril.
Une primaire de trop
Si sur le papier la primaire semble être un gain démocratique, la donne est tout autre. Benoit Hamon a remporté celle-ci avec plus de 58% des suffrages le 29 janvier dernier. Cette victoire fut incontestablement un feu de paille. Ce vote ne reflétait en rien la ligne directrice et le courant de pensée majoritaire du Parti socialiste compliquant de fait la campagne que nous connaissons. Ce vote militant est loin d’avoir ravi les ténors du parti. La suite était donc inéluctable.
Des défections en pagaille
A l’issue de cette primaire dite de « La belle alliance populaire », la question des soutiens était incontournable. Qui se rangera ou non derrière Benoit Hamon. La réponse vous la connaissez, il n’y en a pas eu beaucoup. Est-ce une surprise ? Non plus … La claque s’est faite sentir dès le 29 janvier au soir des résultats de la primaire. Après une très brève poignée de main avec le désormais vainqueur, Manuel Valls a décidé de prendre quelques congés. L’ex-Premier ministre faisait déjà sentir une certaine réticence à soutenir, comme tous les candidats l’avaient promis, le gagnant de la primaire. 2 mois après, les doutes disparaissaient, Manuel Valls soutenait officiellement Emmanuel Macron. Auparavant déjà plusieurs membres du gouvernement comme Thierry Braillard ou Barbara Pompili s’étaient rangés derrière le candidat d’En Marche. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense portera le coup de grâce en faisant de même.
L’ultime recours Jean-Luc Mélenchon
Les sondages donnaient Benoit Hamon quatrième de l’élection présidentielle les jours qui suivirent son investiture en tant que candidat du Parti socialiste. Il devançait alors le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Les éventuels accords ou alliances évoqués entre les deux candidats de gauche ne vinrent jamais, accouchés d’un simple et risible « pacte de non-agression ». Quelques semaines plus tard, le candidat Hamon subira l’affront de se faire rattraper puis largement devancer par Jean-Luc Mélenchon dans les intentions de vote. Le fossé était devenu infranchissable pour le socialiste et sa candidature fit désormais figure de marginale. L’issue du premier tour de l’élection présidentielle est sans appel. Benoit Hamon ne fait guère mieux qu’1,5 point de plus du dit petit candidat Nicolas Dupont-Aignan et ses 4,7 % des suffrages. Le Parti socialiste aura du mal à se remettre de ce cuisant échec auquel s’ajoute un quinquennat Hollande extrêmement impopulaire. Pour le P.S les hypothèses sont multiples : reconstruction, ou encore une simple destruction agrémentée d’une nouvelle fondation. La seule certitude est l’inexorable implosion qui orne en ce moment même les allées de Solferino. Benoit Hamon n’a plus comme unique recours que de méditer amèrement sur la célèbre chanson du regretté Thierry Le Luron : « L’emmerdant c’est la Rose » …
Jean Legeard
